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Pubs de choc

Sur son consottisier, Marie-Do nous offre quelques photos de publicités malencontreusement placées.
C'est ici que ça se passe.
 
Jeudi 21 septembre 2006
NDLR : je n'ai rien à rajouter à ce texte que j'ai reçu, élément d'une correspondance sur la vie en général et ses petits moments en particulier avec le sieur B.. Trouvant ses mots très justes, je les mets en ligne - avec son accord - pour un échange sur ce sujet (si commentaires).
Et pour compléter la lecture de cet article, la photo de XXI et celle de Giulia.



Loulou,

Voici quelques lignes sur le sens de la vie.

Par bien des côtés, contrairement à ce que je dis souvent à mes amis, la vie n’est pas si belle. Le monde, si on prend le temps de le contempler, de l’écouter, nous apparaît violent, inhumain, tragique, désespérant, vide sens…Je ne te ferais pas l’étalage de la misère du monde, ça prendrait trop de pages, et puis je en suis sûrement pas assez qualifié pour ça (ma vie  personnelle est plutôt heureuse). Le plus triste dans la condition de l’homme, c’est qu’aux malheurs qui fondent sur lui du fait de la Nature et du Destin (cataclysmes, vieillesse, maladie..), il ajoute une part de souffrances qu’il sécrète tout seul. Ce malheur à beaucoup de visages, qu’il s’incarne dans la guerre, l’esclavage, la méchanceté, la jalousie, la bêtise, l’intolérance etc. Nous - quand je dis nous, c’est une façon de parler du genre humain - nous causons notre propre souffrance, car au lieu d’être habité par une communauté humaine unie et solidaire qui se sert les coudes face aux difficultés de la vie, le monde est un théâtre de batailles, d’exploitations, de rivalités, de haines et d’ignorances.

Face à tout cela, nous - et là je parle des individus, toi, moi.. les gens quoi – nous avons deux attitudes possibles : résister, réagir, se  révolter.. ou subir, accepter, se résigner.
Pour réagir, il faut avoir des convictions, croire en quelque chose et vouloir le défendre, lutter pour ce que l’on considère important. Cela suppose donc d’une certaine manière que l’on pense qu’il y a du Sens dans le monde, que vivre sert à quelque chose, et que l’homme a un destin à accomplir au travers de sa petite existence.
Or notre société contemporaine souffre d’un mal profond, celui de la perte de Sens. L’homme s’est construit dans la civilisation, en se confrontant à des idées structurantes, en s’accrochant à des idéaux. Les grecs ont inventé la philosophie et la politique, la religion a sorti les hommes du Moyen Age (après les y avoir fait entrer), la révolution française est le symbole universel de  l’émancipation des peuples, Descartes a inventé l’homme pensant, Galilé à bouleversé notre vision du monde, Colomb aussi. Et Mozart, Einstein, Marx, Montaigne, … Savants, artistes, penseurs, explorateurs, politiques ont mis du sens dans le monde, en construisant des visions, des idéaux, des utopies qui ont donné une direction à sa vie. L’homme du passé n’était pas un saint, mais au moins avait-il foi en des idéaux, et des valeurs pour lesquels il se battait, au propre comme au figuré. Au fil dans siècles, une question a été l’objet d’une quête incessante: qu’est ce que l’homme, d’ou vient il, où va-t-il ?

Force est de constater que maintenant, trop de monde s’en fiche. Notre monde moderne nous apparaît désenchanté, indifférent à ces grandes préoccupations. Peut-être est-ce parce que d’une certaine manière il apporte la réponse ultime à ces questions :  l’homme est un mammifère équipé d’un téléphone portable, de nikes et il passe 3h par jour devant sa télé. Il vient de son frigo où il a pris une bière, et va sur son canapé où il compte la boire tranquille en regardant la Starac.

Consommateur avant tout, l’homme a échappé à l’homme, et il est devenu l’esclave du Marché: toi et moi appartenons à des segments très précis de l’immense espace mondial de la consommation, qui fait de l’homme un producteur-consommateur de biens, qui érige la consommation au rang d’ultime valeur universelle, dont toutes les autres découlent (ainsi, le bien et le mal n’existent plus : est-ce bien que des pauvres soient exploités pour que les riches vivent dans le confort ? Posée comme ça la question appelle un « non » unanime, mais posée en terme de différence de prix entre un jean fait par des ouvriers occidentaux bien  payés et un jean fait par une main d’œuvre exploitée, elle conduit à un acte de consommation incohérent, où l’éthique disparaît pour laisser place au profit). Plongé dans un univers nombriliste, où ses désirs sont assouvis par une pression sur sa télécommande, l’homme n’a plus rien à fiche des Grandes Questions. Ca l’embête les Grandes Questions. Ce qui le préoccupe, c’est son petit plaisir à lui, sa satisfaction, tout ce qu’on lui doit car il a droit à tout. Le monde lui appartient, mais il ne voit pas que ce monde s’écroule sous ses yeux, car les valeurs qui l’ont fondé sont en train de s’effriter, de disparaître.

Il reste cependant que nous les humains, nous avons une faculté essentielle, qui est notre capacité à introduire dans ce monde difficile un peu de joie, de beauté, de poésie, de gentillesse, etc. Nous possédons la force transcendante de l’Amour, et il  n’appartient qu’à nous de nous en servir. C’est par ce que nous apportons de bien individuellement, quand nous acceptons de choisir l’amour plutôt que l’indifférence, que la vie mérite d’être vécue. Or les hommes sont aussi très désespérants, car ils fuient ce pouvoir. Ou plutôt ils en ont peur, ou le négligent que sais-je. Toujours est il qu’au lieu de fraterniser, de savourer la joie d’être ensembles et vivants, les gens se laissent aller, s’abrutissent de télé, de travail, de consommation etc…ou simplement ils ont peur d’aimer, car aimer, c’est se dévoiler, c’est livrer l’essentiel de nous même. Or l’amour nous sauve du malheur du monde, car il nous donne foi en quelque chose. A nous qui ne croyons plus en grand chose d’enthousiasmant, il nous reste cette foi là, qui est la plus forte de toutes. Il y a dans 1984 d’Orwell une scène qui traduit viscéralement cet vérité. A la fin, lorsque Winston Smith est prisonnier, il est soumis à la torture pour qu’il se convertisse au  système. Arrive un moment où la douleur est telle qu’il supplie ses bourreaux d’arrêter, et comme ceux ci continuent, il les exhorte de le laisser en paix et de s’en prendre à Julia (celle qu’il aime). C’est un moment terrible, car il montre ce que c’est que la destruction de l’Amour et de l’Espoir : quand Winston dit à ses bourreaux « faites le à Julia », il la tue elle, mais il tue l’Amour dans l’absolu. Mais il démontre en même temps que seul l’Amour peut sauver le monde , et qu’abandonner l’amour, c’est abandonner le monde à sa perte. La croyance en l’Amour est finalement le seul mythe qui nous reste, et que nous pouvons créer tous les jours.

Alors à ceux qui comme toi (et comme moi) ne trouvent pas la réponse à leur besoin d’engagement dans le pauvre jeu de marionnettes qui constitue l’espace politique, je répond que faire acte d’amour, au  quotidien, auprès de ceux qui nous sont proches ( et des autres), c’est déjà faire beaucoup. Ça n’est ni spectaculaire, ni rémunérateur. Mais c’est humainement ce qui est de plus beau. A mes yeux en tout cas. Et c’est surtout une source infinie de joies quotidiennes : contrairement à ce que l’on croit, il est facile de faire le bien, cela demande juste un peu de courage, comme pour rentrer dans l’eau quand on craint qu’elle ne soit trop froide. Ce petit instant, où l’on rompt avec le conditionnement et la platitude du monde, est un Enchantement. La tâche est immense pour ceux qui veulent Enchanter le monde. Et si simple à la fois. Cela commence par dire que l’on aime. Il y a tant d’occasions et de façons de le dire…même à des personnes que l’on n’a jamais vues et dont on ignore le nom. La preuve.
Je t’aime bien.
B.


Par B. - Publié dans : La vie est une grande schtroumferie!
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Editorial



La grande Loulou
: Grande pour sa génération parue en 1968. De couleur chocolat au lait tirant fortement sur le chocolat blanc en hiver, avec des couleurs mères entre le noir, le blanc et le rouge caraïbe. De culture francilienne. Neg'zopolitaine, quoi! (merci à Jazz pour ce mot). Désordonnée comme ce blog fourre-tout. Quelques vérités farfelues à lire si l'envie vous en prend.
Sous son microscope : Sa fille, surnommée le bouchon, née en 1999 en pays chtimi. Un condensé d'humour et de curiosité qui voit des lutins partout. Egalement, cette fascinante société dans laquelle elles vivent plutôt joyeusement malgré quelques coups de blues.
Au bureau : Est passée de Trolls magazine aux côtés du talentueux Fraisette, désormais rédacteur-en-chef, à une grande administration territoriale sous la direction de Môssieur Pépé, ancien journaliste scientifique dont le cerveau génère 250 idées à la minute. Découvre que Kafka y est glorifié au quotidien. Doit trouver des surnoms pour les principaux protagonistes.
Caractéristiques : Se pose des tas de questions. Trouve que le ridicule n'a jamais tué qui que ce soit. Dite Chabine avec son caractère de cochon. Adore vulgariser les sciences à tel point qu'elle en a fait son nouveau métier, de médiation pédagogique. A jeté sa télé par la fenêtre sans tuer personne. Ecoute beaucoup de musique.


Pour le plaisir

... des oreilles

Patti Smith ma songwriter préférée et une répétition de concert pour Arte Dixie frog label blues à savourer Popa Chubby les rondeurs du blues rock énergique Classic 21 la radio rock par excellence, surtout le dimanche matin entre 10h et midi Radio Nova fan depuis longtemps WXPN 88,5... aux USA. Pour un aperçu de la bonne musique de là-bas, qu'on ne trouve pas ici. L'émission The World café, pas franchement world, mais à écouter New York vu par Lou Reed (interview sur National Public Radio NPR) Farewells et sa liste musicale sur RadioBlog Dagobert invite à découvrir ses coups de coeur


... des yeux
Scènes de vie Un pingouin un peu cinglé Bob publie une photo du monde par jour La ville vue par Giulia Les séries de Nicolas Urlacher Petits détails urbains par Nowhere-somewhere Les portraits de Tina Mérandon Le regard que Jules Lavie porte sur le XIXe de Paris Mothers and fathers-to-be by Hélène Biensa


... du cerveau
Un autre regard sur le monde avec Courrier International L'information factuelle de The Economist L'actu scientifique de Yahoo et celle de Procrastin Hotzone, regards croisés sur un conflit, par Kevin Sites, journaliste embauché par Yahoo On the face, la vision de journalistes sur le conflit lebano-israélien Une bonne définition de ce qu'est devenu le journalisme Le journalisme collaboratif dans la Rue89 le journalisme citoyen d'AgoraVox Le journalisme incisif de Backchich Info Le plus vieux métier du monde se mobilise Pubs et anti pubs Pourquoi ci et pourquoi ça.
Ecouter l'émission Terre à Terre de France Culture et celle de France Inter Rue des entrepreneurs Nouvelles technologies et droit de l'information chez Juriscom
Des outils linguistiques avec Le conjugeur, le dico du CNRS, la grammaire française vue d'Outre-Atlantique, le dico des synonymes par le laboratoire Crisco, le blog de traduction franco-anglais et Word Reference pour l'anglais et d'autres langues
... de râler, de s'en désoler ou d'en rire
Dénoncez votre voisin au ministère du civisme et votre entreprise aux Big Brother awards (BBA).

 

Zenitude

Donner à boire à ceux qui ont soif avec Aquassistance Une autre manière de voyager, pensez Echoway Allez déposer votre rêve dans la banque des rêves de Tiphaine

 

Les questions du bouchon en préparation

Le premier chien à être allé dans l'espace en est-il revenu ?
Pourquoi toi et moi on s'aime ?
Est-ce que les oiseaux ont des fesses

Est-ce que les caméléons nagent
D'où vient le mot école
Pourquoi on utilise le même mot, majeur, pour désigner le troisième doigt et le fait d'avoir plus de 18 ans
Pourquoi y a-t-il plus de droitiers que de gauchers
Et celles des autres
Quelle est la différence entre une société et une civilisation
La théine favorise-t-elle la perte de fer
L'eau de javel contenue dans l'eau potable décime-t-elle la flore intestinale

N'hésitez pas à me laisser votre email dans un commentaire si vous avez la réponse, je la publierai après un petit échange électronique.



... de découvrir : my to-buy list

Marie-Anne Baulon, Chronique des "petits riens", Plon

Michel Serres, Récits d'humanisme, Editions le Pommier
Dominique Lestel, Les animaux sont-ils intelligents?, le Pommier
"Tribute to Hendrix" avec la chanson de Sting (basse), Mc Laughlin (guitare) et l'ex-batteur de Zappa. Album Power of soul?
Stereophonics
Joe Bonamassa
Satriani
Nusrat Fateh Ali Khan (Haq Ali Ali Haq à écouter chez le Pr. Rachid Naim)
deUs
    
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