Pour le mot « accouchement », le Littré donne les définitions suivantes: « 1. action d’accoucher. 2. action d’aider une femme à accoucher. 3. Difficulté qu’on éprouve à dire une chose, à prendre un parti. ». De même qu’il n’y a pas de vérité universelle, il n’y a pas un accouchement mais des accouchements. Voici le mien.
19 avril 2003, 7 heures 30. Me voici toute tremblante aux portes de la maternité, mon joli vanity rouge dans une main, mon chéri dans l’autre. On nous fait gentiment patienter, il y a des cas plus urgents. 19 avril 2003, 8 heures 30. Une infirmière m’examine dans une petite salle sans fenêtre. Elle confirme grâce à un monitoring que j’ai autant de contractions qu’une motte de beurre. Il va donc falloir déclencher mon accouchement, comme c’était hautement prévisible depuis 3 jours que le terme est dépassé. Je me dis malgré tout que j’aurais bien attendu, moi, et que je ne vois pas bien ce qui presse… Je laisse le personnel compétent décider pour moi, je me dis qu’ils ont probablement des raisons primordiales. C’est fou ce qu’on peut se laisser infantiliser quand on accouche pour la première fois… 19 avril 2003, 9 heures. Après avoir passé une atroce « chemise de nuit » et enfilé de non moins exquis petits sacs plastiques bleus autour de mes pieds, je suis autorisée à retrouver mon chéri qu’on a également déguisé pour l’occasion. Je traîne derrière moi dans un grincement comique une « perfusion à roulettes » reliée à mon avant bras. L’infirmière me conseille d’aller aux toilettes « tant qu’il en est encore temps… ». Quand je demande pourquoi, elle esquive et me montre la porte de « là où on fait pipi »… Je vous laisse imaginer à quel point l’euphémisme « les commodités » convient peu à cet endroit quand on est équipée de la sorte… 19 avril 2003, 9 heures 15. Nous sommes en « salle de travail ». Là encore, voilà une expression atroce, surtout si on connaît l’étymologie du mot travail qui ne manque évidemment pas de me revenir au moment même où j’en franchis le seuil. Une sage femme injecte une bonne dose d’ocytocine, charmante petite hormone qui est censée déclencher les contractions qui elles-mêmes déclencheront l’expulsion du bébé. Enfin, ça, c’est la théorie… 19 avril 2003, 9 heures 30. Arrivée du bon docteur qui constate l’absence de contractions mais pas de panique, ce n’est que le début. En attendant, et puisque ce bébé s’annonce macrosomique, une petite échographie serait de bon ton selon lui. Il m’explique qu’une césarienne est envisageable et il ne comprend d’ailleurs pas pourquoi on ne l’a pas programmée il y a 15 jours. La sage femme voit rouge mais pour l’instant elle ne dit rien. 19 avril 2003, 10 heures. L’échographie annonce un bébé de 4 kilos au moins. Le bon docteur dit « olala, ça promet ! ». La sage femme décide qu’il est temps qu’elle s’exprime et elle explique au bon docteur qu’il faut tenter un accouchement « naturel » et que « y’en a marre des césariennes à tout va »… Le bon docteur lui lance « Vous allez voir ! Vous allez encore m’appeler en renfort en fin de journée ! Et que se passera-t-il si vous avez une dystocie des épaules ? ». L’infirmière pousse mon lit à roulettes et part en claquant la porte du cabinet du bon docteur… J’ai l’impression d’être un morceau de viande emballé dans une affreuse chemise de nuit et relié à des tas d’appareils qui me plaisent de moins en moins. Le jeu du docteur Maboul me revient soudainement en mémoire… 19 avril 2003, 10 heures. Pose en douceur de la péridurale, les contractions commencent. 19 avril 2003, 11 heures. Je sens toujours les contractions, malgré la péridurale et ce dans tout le côté gauche. La sage femme me conseille de ne pas être douillette, faut bien que j’accouche, faut bien que je souffre… 19 avril 2003, 12 heures. Mon chéri s’éclipse pour boulotter un sandwich. Je reste seule à écouter Radio Nostalgie en regardant le plafond blanc. 19 avril 2003, 14 heures. Quand je demande à la sage-femme s’il y en a encore pour longtemps à son avis elle me répond « à partir de 18 heures, vous aurez le droit de vous plaindre ». 19 avril, 18 heures 30. Je me plains mais ça ne change rien. Je fais « ouaf !ouaf » pour faire rire mon chéri (on a vu dans un film un mari dire à sa femme en train d’accoucher : « fais le chien, ma chérie, fais le chien ») mais il ne rit pas trop, il commence même à s’inquiéter assez sérieusement. 19 avril 2003, 22 heures. Le bon docteur arrive et déclare : « Je vous l’avais bien dit ! ». 19 avril 2003, 22 heures 15. Je suis nue sur une table froide dans le bloc opératoire. Entre mon ventre et moi, un rideau vert. Côté ventre : le bon docteur et ses deux assistants, côté tête : deux anesthésistes et mon chéri. Mes bras sont attachés par des sangles, j’ai l’impression d’être le christ en croix et justement, demain c’est pâques. Le bon docteur me pique le ventre et me demande si j’ai mal. Quand je lui réponds que oui, l’anesthésiste de ce matin grommelle « Aujourd’hui, trois péridurales, trois péridurales ratées… » puis il augmente la dose d’anesthésiant. Une femme anesthésiste est là aussi, elle me tient la main et me sourit avec humanité. Elle demande au bon docteur s’il est vraiment nécessaire que je sois attachée de la sorte, il lui répond brusquement « Et si elle sent quelque chose et qu’elle se met à bouger ou à vouloir partir ? Vous voulez vraiment tenter le coup ? ». Elle me serre la main et je tente de lui sourire mais ça doit ressembler à une grimace vu mon état de fatigue. 19 avril 2003, 22 heures 20. Mon ventre est déchiré, je sens deux mains qui plongent dedans, je sens qu’on m’enlève mon enfant, avec violence. 19 avril 2003, 22 heures 22. Mon fils pleure ! Une infirmière me le porte au niveau du visage. La première chose que je pense : « maintenant, je peux mourir », la seconde : « qu’est ce qu’il ressemble à mon père ! ». Mon chéri me sourit puis il doit s’en aller avec notre bébé. 19 avril 2003, 22 heures 30. Je ferme les yeux et essaie de ne surtout pas prêter attention à ce que j’entends derrière le rideau vert. Quelques bribes d’un dialogue surréaliste me parviennent hélas. - Tu vois, tu passes d’abord le fil en faisant un point sur le côté gauche (…) – Comme ça ? – Non, recommence, tu n’as pas assez serré là ! (…) – Et comme ça ? – Mais non regarde, tu vois bien que l’agrafe est mal posée là… 19 avril 2003, 23 heures 50. En salle de réveil, je crois m’endormir pour toujours, ma tension tombe à 6 et des poussières, mon chéri blêmit et une infirmière arrive avec une grosse piquouse d’adrénaline. Je ne me rends compte de rien, je regarde mon fils qui est à côté de moi. Je suis heureuse. Plus rien n’a d’importance désormais… Il y a simplement ce bébé qui me regarde. Cet enfant qui m’accouche, enfin.
La grande Loulou : Grande pour sa génération parue en 1968. De couleur chocolat au lait tirant fortement sur le chocolat blanc en hiver,
avec des couleurs mères entre le noir, le blanc et le rouge caraïbe. De culture francilienne. Neg'zopolitaine, quoi! (merci à Jazz pour ce mot). Désordonnée comme ce blog fourre-tout. Quelques vérités farfelues à lire si l'envie vous en prend. Sous son microscope : Sa fille, surnommée le bouchon, née en 1999 en pays chtimi. Un condensé d'humour et de curiosité qui voit des lutins partout. Egalement, cette fascinante société dans laquelle elles vivent plutôt joyeusement malgré quelques coups de blues. Au bureau : Est passée de Trolls magazine aux côtés du talentueux Fraisette, désormais rédacteur-en-chef, à une grande administration
territoriale sous la direction de Môssieur Pépé, ancien journaliste scientifique dont le cerveau génère 250 idées à la minute. Découvre que Kafka y est glorifié au quotidien. Doit trouver des
surnoms pour les principaux protagonistes. Caractéristiques : Se pose des tas de questions. Trouve que le
ridicule n'a jamais tué qui que ce soit. Dite Chabine avec son caractère de
cochon. Adore vulgariser les sciences à tel point qu'elle en a fait son nouveau métier, de médiation pédagogique. A jeté sa télé par la fenêtre sans tuer personne. Ecoute beaucoup de musique.
Pour le plaisir
... des oreilles
Patti Smithma
songwriter préférée et une répétition de concert pour ArteDixie froglabel blues à savourerPopa Chubbyles rondeurs du blues rock
énergique Classic 21 la radio rock par excellence, surtout le dimanche matin entre 10h et midi Radio Nova fan depuis longtemps WXPN 88,5... aux
USA. Pour un aperçu de la bonne musique de là-bas, qu'on ne trouve pas ici. L'émission The World café, pas franchement world, mais à
écouterNew Yorkvu par Lou Reed (interview
sur National Public Radio NPR) Farewells et sa liste
musicale sur RadioBlog Dagobert invite à découvrir ses coups de coeur
Donner à boire à ceux qui ont soif avecAquassistance Une autre manière de voyager, pensez Echoway Allez déposer votre rêve dans la banque des rêves de Tiphaine
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Le premier chien à être allé dans l'espace en est-il revenu ?
Pourquoi toi et moi on s'aime ?
Est-ce que les oiseaux ont des fesses Est-ce que les caméléons nagent D'où vient le mot école Pourquoi on utilise le même mot, majeur, pour désigner le troisième doigt et le fait d'avoir plus de 18 ans
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Quelle est la différence entre une société et une civilisation
La théine favorise-t-elle la perte de fer
L'eau de javel contenue dans l'eau potable décime-t-elle la flore intestinale
N'hésitez pas à me laisser votre email dans un commentaire si vous avez la réponse, je la publierai après un
petit échange électronique.
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