Pubs de choc
C'est ici que ça se passe.
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Les gestes se font automatiques. L'esprit est tendu vers un seul objectif : trier, emballer. Hop, le tas à droite ! Hop, le tas à gauche ! Pouf, dans une caisse en plastique ! Paf, un coup d'adhésif sur le couvercle ! Puis le crissement et l'odeur caractéristique du marqueur.
Vient ensuite l'étape suivante : démonter les meubles. La clé Allen en main, la pince à bec dans l'autre, les pans d'aggloméré s'empilent, lLes vis et chevilles disposés dans un sac, scotché aux montants pour ne rien perdre.
En fond, Radio Nova quand j'y viens seule, le bruit du papier bulle que ma mère ou ma soeur appose autour d'un objet fragile le jour de leurs venues respectives ou les pas du père poussant le diable et les caisses vers l'ascenseur. Toujours, les cris des enfants de l'école élémentaire mitoyenne jouant à la récréation à intervalles réguliers.
Sur chaque carton qui reçoit un coup d'adhésif et une destination au marqueur, c'est un peu de Julie qui s'envole. Dedans, un fragment de sa vie désormais révolue.
Face à la quantité de choses dans l'appartement de ma soeur Julie, j'ai pris une semaine de congés percevant que les trois jours dont nous avions décidé qu'ils seraient consacrés au vidage de l'appartement ne seraient suffisants. Et je suis beaucoup plus utile ici qu'au bureau, petit pion déplacé au gré des idées de projets de différents directeurs et directrices, obsédés par leur avancement dans la fonction publique territoriale.
Ne pas penser ; avancer. Être efficace. Faire de telle sorte que les parents aient le moins possible à en faire. Et le soir, quand une vague de détresse pointe son nez, je regarde le Bouchon et la Boulette rire, grogner, râler, babiller et parler. Elles sont le futur. Et le futur est beau sous leurs traits.
Ça commence comme ça.
Et ça se termine comme ça :
Ce vendredi matin, je suis allée voir Juju dans l’antichambre de sa dernière demeure.
Elle était belle. Enveloppée dans un grand drap blanc, elle ressemblait à ces reines égyptiennes admirées de tous aujourd’hui.
Elle était sereine. C’était son choix ; je l’accepte. Reste cette immense lame de tristesse dont je sais qu’elle s’atténuera en partie avec le temps. Mais elle a ouvert une brèche qui ne se fermera jamais.
Repose en paix, petite sœur.
Entre les deux, vingt jours se sont écoulés. L'inquiétude, la stupéfaction, la colère, la tristesse. Le souci de limiter l'impact sur Bouchon, désormais adolescente, et Boulette, ce réservoir à émotions de presqu'un an, et d'aider les parents et surtout, surtout, notre soeur "du milieu" à absorber le choc et à se redresser.
Julie avait une maladie incurable. Pas de ces maladies organiques, dont l'entourage voit l'effet et dont il comprend l'insupportabilité, mais de ces maladies de l'âme qui vous ronge de l'intérieur et que les médicaments ne font qu'atténuer l'ampleur. Elle a choisi de ne pas se laisser envahir. La part lucide de son soi voyait probablement les altérations de jugement et de comportement issues de sa part pathologique.
Elle avait choisi de partir à son anniversaire, le 6 janvier. Il lui a fallu quelques jours supplémentaires pour arriver à ses fins. Le plus dur, maintenant, est pour ceux qui restent et, surtout, pour ceux qui l'ont trouvée : mes parents et ma soeur.
Rien de tel pour mettre en exergue les opinions des uns et des autres
L'ambiance est recueillie tandis que s'amoncellent les poussettes à l'entrée de la PMI. Aujourd'hui, c'est atelier massage !
Il y a tellement de parents, mères à 99,5%, que l'atelier se déroule par groupe de six. À ma droite, une Brésilienne qui parle bruyamment avec sa copine française, bébés suspendus aux seins. À ma gauche, une mère timide me signale qu'un cafard, en fait un modeste habitant des forêts égaré sur le lino, progresse vers mon sac. Toutes les mères regardent les enfants des autres tandis que je cale Kanasucre le ventre sur ma jambe gauche, les fesses entre les deux jambes, et prends mon ouvrage du moment, Petits actes de rébellion, ces instants de bravoure qui ont changé le monde, de Steve Crawshaw et John Jackson, préfacé par Vaclav Havel. Franchement, les mômes, c'est sympa, mais il n'y a pas que ça dans la vie !
C'est le tour du deuxième groupe, dont je fais partie. Je m'installe, refuse la serviette tendue par la puéricultrice et étend Kanasucre et ses coliques sur le bogolan burkinabé qui lui est dédié. Ça y est, tout le monde est en place, l'atelier peut commencer.
"Prenez un pied de votre bébé, comme un moule. Et massez-lui le pied de bas en haut". L'ordre de la puéricultrice à peine donné, chaque mère prend religieusement le pied de sa progéniture. La plupart des bébés sont endormis et peu réagissent à ce doux contact.
Est-ce parce que j'ai trop de poigne ? Toujours est-il que Kanasucre commence à râler, puis à respirer difficilement, reste d'une rhinite antérieure. Je poursuis quand même tandis que ma fille crispe son pied, l'air de m'interdire d'y toucher. Sa respiration étant de plus en plus bruyante, je fouille rapidement dans le sac et en sors, triomphante, une dosette de sérum physiologique que j'enfourne aussi sec dans les narines de la divine progéniture. Progéniture qui manifeste immédiatement son désaccord en commençant à pleurer et à gigoter tout en distribuant sur les côtés le liquide entaché de morve.
"Vous prenez la jambe et l'encerclez. Puis vous remontez, avec des petits cercles". Imperturbable, la puéricultrice poursuit tandis que son assistante me suggère que Kanasucre a peut-être froid, ou chaud, elle ne sait pas trop.
J'ai à peine saisi la jambe potelée de Kanasucre que celle-ci pousse des cris perçants. Hop ! Sur l'épaule pour la calmer. Là, elle se jette sur mon biceps pour le sucer, puis me met un coup de boule en se balançant d'un côté à l'autre.
À partir de là, je reconnais ne plus avoir trop suivi les manipulations à effectuer. Un premier biberon, puis un second sont engloutis dans l'estomac sans fond de Kanasucre, prématurée dont on avait oublié de me prévenir qu'elle serait aussi morfale. Chaque biberon est précédé d'onomatopées bruyantes semblables, m'a signalé le Bouchon, à celles des hyènes affamées dans le dessin animé Le roi lion.
Une fois repue, Kanasucre s'endort vite au creux de mon bras, en n'oubliant toutefois pas de lâcher une salve bruyante de pets. L'air réprobateur de certaines mères devant autant de dérangement se mue en moue de dégoût à la délicate odeur qui suivit, mélange de H2S et de CH4 si je ne m'abuse. Kanasucre ayant du caractère, comme me l'ont mentionné deux pédiatres, elle n'oublia pas de ronfler fortement pour signaler à son entourage sa condition de divine au repos.
"Voilà, c'est terminé, dit la puéricultrice. Puis, en me regardant : cet atelier aura lieu dans 15 jours pour celles qui n'ont pas tout suivi".
J'en ai retenu trois mouvements sur 25, et que l'huile d'amande n'était plus indiquée pour des raisons d'allergie. Moi qui lui en passe consciencieusement tous les soirs après le bain, je n'ai plus qu'à la tartiner d'huile d'olive !
Lundi, atelier de portage avec les écharpes adaptées. Ça m'étonnerait que les autres parents me laissent l'assommer avec un annuaire en début d'atelier !
Je profite de cette connexion réussie sur le wifi de free (merci à 12 barblues pour les codes) pour créer une ouverture sur le monde depuis cette petite chambre jaune où je suis désormais du matin jusqu'au soir et du soir au matin depuis dix jours.
Est-ce bête ! Se prendre la porte de la maternité en se rendant à l'une des visites obligatoires n'est pas donné à tout le monde. Le fait de ne plus voir ses pieds a bien sûr favorisé le mouvement circulaire préalable au trébuchement sur la marche extérieure, puis l'écrasement contre la vitre, comme dans un dessin animé de Tex Avery.
Une belle rayure du crâne jusqu'au milieu du visage en passant par un verre fut la signature de cette galipette bien involontaire, alors que se déroulait un 8e mois de grossesse idyllique. Les rayures internes ne se firent apparentes que plus tard. Une inévitable sciatique consécutive à la chute non maîtrisée de 96 kg, bébé compris, se révélait dès le lendemain. Mais c'est la fissuration du sac amniotique qui conditionna mon internement.
Dix jours à tourner en rond dans une petite chambre jaune carrée et tenter de relativiser, puisque c'est pour le bien de Kanasucre qu'il est nécessaire de rester ici. Quelques livres vite avalés, Just kids de Patti Smith, Absolument débordée de Zoe Shepard, d'autres en cours, barabara de Pierre Ryckmans, histoire politique du pantalon de Christine Bard, d'autres encore sur le minuscule radiateur, la revue de l'OFCE n°114 sur la discrimination sexuelle, laïcité mode d'emploi de Dounia Bouzar, faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer.
J'ai cru que les livres pourraient m'aider à supporter ces nuits entrecoupées des braillements des bébés des autres femmes, qui ne viennent elles que les quelques jours nécessaires à la sortie dans ce grand monde de leur progéniture, ces matins gris, ces après-midis gris et ces soirs humides.
Le papa de Kanasucre, accouru précipitamment de son lointain territoire, vient ici pour mon plus grand bonheur. Neuf mois se sont écoulés, mais notre complicité est intacte. A chaque fois, ce sont quelques heures volées sur l'ennui et, surtout, sur cette sensation de privauté de liberté et de dépendance aux autres pour tout ou rien : acheter du jus d'orange ou organiser les nuits du Bouchon le week-end, quand la Reine-Mère repart dans ses pénates histoire de se reposer. Ne pas pouvoir sortir, même pour l'enterrement vendredi de l'arrière-grand-tante du Bouchon que nous aimions tant est un exercice difficile pour qui a placé les mots "liberté chérie" en tête de sa vie. Mais après le manque viendra l'appréciation de chaque moment. Et de relativiser à nouveau ce concept alors que retentiront les braillements de Kanasucre, totalement dépendante à ses débuts.
Je contemple la peinture jaune des murs et conclus que finalement, la liberté n'est qu'une illusion. Je le savais avant, je l'avais juste oublié !
L'époque n'est plus la même, et ce qui était considéré auparavant comme "socialement correct" ne l'est plus toujours. La publicité a toujours été le reflet des tendances de chaque décade. Il paraît intéressant de revoir celles qui ne seraient plus acceptées aujourd'hui, surtout après la phrase de monsieur Guerlain : je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé. Phrase dite en direct à l'antenne d'une télévision publique en ce mois d'octobre 2010.
La publicité pour Chlorinol (un produit qui existe toujours) montrée dans les liens adjacents a été faite en 1907 et, selon ce document, aux couleurs de l'Union Jack (le bleu doit avoir disparu !).
Plus de publicités de ce temps sur le site de boredpanda.
800 milliards s'évadent chaque année des pays en développement, affirme l'ONG CCFD Terre solidaire.
Dans la rubrique Comprendre du site de l'association, des vidéos permettent de comprendre en quoi consiste un paradis fiscal, la nature du problème pour les pays en développement qui ne voient pas d'impôts arriver en contrepartie du travail de sociétés sur leur territoire, et les solutions proposées.
Dans les collectivités, l'article 14 du Code des marchés publics insère une clause de développement durable dans le système de notation des offres des entreprises. Ainsi voit-on fleurir des demandes pour des entreprises certifiées ISO 14001 ou titulaires d'un label de gestion durable des forêts. Pourquoi ne pas leur demander, pour celles qui ont une activité à l'étranger, de déclarer leurs revenus pays par pays. Certes, une collectivité, même comme celle où je travaille avec son budget annuel de 1,2 milliard, ne peut à elle seule obtenir cette information, restée secrète malgré huit ans de demandes de la commission développement de l'UE. Mais si la plupart des collectivités suivaient la ligne de conduite initiée par les régions Ile-de-France et Rhône-Alpes, qui ont décidé de demander de telles informations à leurs partenaires financiers comme le mentionne Jean Merckaert (CCFD) dans une vidéo, alors la pression se ferait aussi à ce niveau local, et plus seulement au niveau européen (vidéos de François d'Aubert du ministère des finances, et d'Eva Joly au titre de présidente de la commission développement de l'Union européenne).
La nouvelle est tombée, pour la troisième fois en combien ? quatre ans peut-être, cinq ? Elle est à l'hôpital. Mais cette fois, elle aura tout essayé : les médocs, la corde puis le rasoir. Le tout bien évidemment tellement imbibée d'alcool qu'elle se serait de toute manière ratée.
Qu'elle veuille se supprimer, c'est son choix. Mais dans ce cas qu'elle le fasse sans espérer être découverte à temps. À chaque fois en effet, c'est notre soeur commune qui en souffre le plus. Ce jeudi soir, c'est cette soeur qui l'a découverte, une lame à la main, la corde dans le garage.
Elle a tenté de la mettre sous sa coupe en lui faisant tout décider à sa place. Notre soeur a fui, quelques années dans un autre pays européen, puis est revenue pour une histoire d'amour qui s'est révélée non avenue. Elle l'a fait culpabiliser à chaque fois, toujours en espérant la récupérer. Mais notre soeur s'est rebiffée en allant voir un spécialiste de l'âme et tenter de retrouver une place de soeur, un juste rôle.
Notre soeur commune se redressait, tout doucement. Est-ce pour cela qu'elle a replongé ? Ou pour d'autres évènements, comme le premier anniversaire de décès d'une amie chère, partie trop tôt d'un cancer ? Pour un homme qui voulait arrêter alors qu'elle ne supporte pas la solitude ?
Comment réagir face à une soeur qui ne trouve pas sa place dans la société ? Je n'en sais rien. Tout ce que je perçois, sans avoir approfondi le sujet, c'est que le suicide est, dans la majorité des cas, un acte de pays riche. Dans les autres pays, c'est un désespoir de ne pouvoir sortir du carcan de la société. Dans la nôtre, où tout est permis ou presque, où les carcans s'apparentent plus au regard des autres qu'à une réelle censure de mode de vie, c'est une question de repères. Dis ainsi, cela a l'air si simple. Ça l'est sûrement moins.
Trois heures après l'annonce, un autre message vient de tomber. Elle est en réanimation. À Bichat, notre soeur commune et notre mère attendent. Ici, j'écris et je réfléchis à tout cela. Il faut que je protège mes enfants, tout en devant annoncer demain matin la nouvelle au Bouchon, trop fine pour ne pas deviner un problème quand elle verra autant de monde au petit déjeuner. Je dois aussi protéger notre soeur commune, même si je ne sais pas comment éviter les dégâts collatéraux.
Je fume beaucoup aussi, tout comme lors de l'annonce du décès grand-père du Bouchon au 5e mois de ma première grossesse. Depuis le 1er octobre, j'entame mon 5e mois et suis, depuis ce matin, censée suivre l'ordre du médecin qui m'a mise en arrêt-maladie pour arrêter le cycle de fatigue préjudiciable à la croissance de Kanasucre.
J'espère que la comparaison du 5e mois s'arrêtera là. Sinon, il faudra que je mette toute mon énergie en oeuvre pour protéger le Bouchon, à l'aube de l'adolescence, ainsi que ma soeur, et faire en sorte que Kanasucre arrive en bon état dans ce monde. Le changement d'employeur, comme je l'avais décidé il y a peu, n'est plus une priorité.
L'agence spatiale canadienne filme les aurores boréales, ces phénomènes magnétiques qui font tant rêver.
Les noctambules pourront observer en direct ces images depuis le site d'Auroramax.
Reste à déterminer lequel des trois fuseaux horaires choisit l'ASC pour démarrer ses caméras "à la tombée de la nuit". Il y a un indice
pour les curieux, sur la photo et sur la page ouverte avec l'onglet "se connecter".
Les questions du bouchon en préparation
Vos humeurs